Les professions indépendantes se sentent floués

Se sentant asphyxiés par les mesures fiscales, les artisans et commerçants, chapeautés par leur syndicat l’UPA, adressent un cri d’alarme au gouvernement. Ils sont bien décidés à exprimer leur mécontentement.

Les artisans et commerçants expriment leur malaise

Après la manifestation des artisans du bâtiment du 13 septembre dernier, c’est maintenant l’ensemble des entreprises de proximité qui planifie une opération d’envergure pour manifester leur mécontentement au gouvernement. Celle-ci devrait se tenir d’ici la fin de l’année. D’après l’un d’entre eux, il ne s’agira pas d’une manifestation dans les rues. L’action aura pour but d’interpeller le gouvernement sur ses mesures fiscales qui sont asphyxiantes pour les artisans et commerçants.

En effet, ils se sentent « sacrifiés » pour le redressement des finances publiques. Ils dénoncent notamment la lourdeur des charges fiscales, le coût excessif du travail, l’augmentation de la TVA, la concurrence déloyale des autoentrepreneurs, la question de la formation de la relève, et la réforme des retraites. Cette dernière prévoit notamment la création d’un compte dit « pénibilité » et une augmentation des cotisations vieillesse. Des dispositions qui alourdissent davantage la trésorerie des entreprises.

Rien que pour l’année 2013, le gouvernement a récolté près de 1,1 milliard d’euros comme prélèvements supplémentaires sur ces entreprises de proximité. Chose que le syndicat n’hésite pas à qualifier de « harcèlement fiscal ». En plus, en raison des dispositions fiscales et parafiscales qui ne cessent de changer, les entreprises n’ont aucune visibilité dans la gestion de leur trésorerie. Elles se retrouvent dans l’incertitude et optent pour l’immobilisme au lieu d’investir et d’embaucher.

Face à tout cela, les artisans et commerçants, réunis dans le syndicat UPA, demandent une réduction des dépenses publiques. En ce qui concerne la formation des apprentis, l’UPA estime que la taxe d’apprentissage devrait s’appliquer davantage aux structures qui forment massivement des jeunes.

Un secteur au bord de l’agonie

À la question : pourquoi ce coup d’éclat ? Le président de l’UPA, Jean-Pierre Crouzet, artisan boulanger, déclare qu’il n’est plus acceptable de voir ceux qui produisent de l’emploi et de la richesse être pénalisés, et de garder le silence. Il a notamment souligné le fait que ces dix dernières années, il y a eu 100 000 nouvelles créations d’entreprises de proximité, à l’origine de 650 000 nouveaux emplois. Pour Patrick Liebus, artisan couvreur, et président du syndicat des artisans du bâtiment, la Capeb, les professionnels de ce secteur sont en train de disparaître les uns après les autres. Il a ajouté qu’il n’est plus possible de continuer à souffrir sans réagir.

Du côté du gouvernement, le ministre du Travail, Michel Sapin, déclare que la situation n’est facile pour personne, et qu’il ne faut pas regarder les choses de manière trop simpliste. C’est-à-dire, croire que certains ne font rien, et que ce sont ceux qui travaillent dur qui doivent encore payer plus.